Les 100 (tomes 1 à 4) – Kass Morgan

 

J’ai commencé à lire cette saga un peu par hasard, même si comme beaucoup, j’ai regardé la série (enfin les trois premières saisons pour le moment). Le weekend dernier, en visite chez mes parents je discutais avec ma petite sœur et lui demandais si elle avait des livres à me conseiller, vu qu’elle lit beaucoup de fantasy, dystopie et autres. Elle m’a donc prêté cette saga, me proclamant que c’était vraiment mieux que la série. L’ayant bien aimé malgré quelques défauts, ça m’intriguait et j’avais hâte de débuter. Je commençais à lire le premier tome le soir même, puis enchaînais sur le deuxième le lendemain… en une semaine j’avais tout lu. « Wahou tu lis super vite » « mais tu n’as fait que lire cette semaine ? ». Que nenni, j’ai bien une vie à côté des livres 😉 C’est surtout que ce livre est écrit en police 72 (ok j’exagère…. enfin à peine…), l’histoire est ultra simpliste… Bref ça se lit très vite, malgré le nombre de pages élevé en apparence (entre 400 et 500 pour la plupart des tomes).


Mais avant tout, de quoi ça parle ?

Il y a environ 300 ans, la 3ème guerre mondiale a entraîné une apocalypse nucléaire, qui a rendu la terre inhabitable. Juste avant le cataclysme une poignée d’humain a réussi à s’enfuir et trouver refuge à bord d’une station spatiale. Depuis leurs descendants vivent en orbite de la terre en attendant que celle-ci soit à nouveau habitable. Pour la survie de l’humanité, des règles très strictes ont été établies à bord. Si l’on est majeur, la moindre infraction entraîne la peine de mort avec exécution immédiate. Si l’on est mineur, on est placé à l’isolement en attendant d’avoir 18 ans, date à laquelle on a le droit à un second procès.

Mais le vaisseau se meurt. Dans une tentative désespérée de survie, le gouvernement a trouvé une solution pour savoir si après seulement 300 années la terre est à nouveau vivable et par la même occasion économiser de l’oxygène : y envoyer tous les mineurs actuellement à l’isolement – les 100.

On suit cette aventure à travers les yeux de Clarke, Wells, Glass et Bellamy. Le roman retrace principalement l’arrivée et la survie sur la Terre, ainsi que la vie à bord du vaisseau pour ceux qui y sont encore. Mais l’auteure s’attarde surtout sur la romance…

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Avant toute chose, même si ce sont deux supports différents, je ne vais pas réussir à éviter la comparaison de temps à autre avec la série. Toutefois il est à noter que les deux histoires divergent après le tome 1/épisode 1.

Commençons par ce qui m’a le plus gêné et m’a donné un mauvais a priori dès le départ : les erreurs de prénoms ! Par 3 fois dans le tome 1, le prénom de Clarke remplace celui de Glass. Cela saute aux yeux, je ne comprends même pas comment une telle faute peut passer le stade de la relecture. Trois fois. Et c’est tout de même édité chez Robert Laffont, qui a pourtant une bonne réputation.

En parlant de ce que je n’aime pas (mais bon c’est assez personnel), j’ai vraiment du mal à apprécier que les couvertures des livres soient des photos issues d’un film ou d’une série. Surtout quand pleins de personnages sur les photos n’existent même pas dans le livre, c’est encore plus étrange. Rajoutons à cela la pub pour la série directement imprimée dessus. Certes c’est du marketing pour vendre plus facilement à la fois les livres et la série. Mais je n’aime pas cette vision de la littérature.

Ces remarques dernière nous, passons à la critique à proprement parler.

L’écriture, le style, sont très basiques, les dialogues ne sonnent pas naturels. Je n’ai vraiment pas accroché avec le style d’écriture de Kass Morgan, que je ne trouve pas assez abouti.

On note aussi des petits soucis de traduction (qui me gênent d’autant plus que j’ai passé une grande partie de mes études à en faire). Je suis désolée mais « les nés-terre » est une très mauvaise traduction de, je suppose,  « Earth born ». Ça ne sonne pas, personne ne dirait ça en Français. Par contre « Space boy » reste en Anglais dans le texte… Un peu de cohérence ça ne fait pas de mal, c’est tout de même un principe de base… Mais bon on a probablement échappé à une traduction foireuse du style garçon-espace 😉

 

On ne dirait pas mais mon résumé vous spoile les grandes lignes du tome 1, qui introduit seulement l’idée de départ et les personnages. Normalement dans un livre cela dure seulement la 1ère partie, un tiers au maximum. Mais là c’est bien l’intégralité du tome 1 qui a cette utilité. Pas étonnant que la série résume ce tome en un seul épisode : le pilote.

Au final les tomes 1 à 3 ont la structure d’un seul et même livre. On dirait que la division en trois a été crée artificiellement.  Un peu dans le même esprit que ces films adaptés de livres qui sont scindés en plusieurs parties (on pensera notamment au Hobbit, ou encore au Tome 7 d’Harry Potter). C’est rarement une bonne idée pour le rythme de l’histoire. Le 4ème tome arrive comme un cheveu sur la soupe. C’est un peu comme « la saison de trop » dans les séries. L’histoire est déjà finie, mais on rajoute artificiellement une nouvelle impulsion. Pourquoi ? Éventuellement afin de finir sur un vrai happy-end mielleux. Ou vendre plus de livres et se faire un max de thunes (j’ai ma petite idée). On reste donc sur cette impression d’avoir lu une trilogie+1, ce qui est assez étrange comme sentiment.

 

Quant aux personnages, ils sont peu crédibles : très niais, ils changent très rapidement d’avis. C’est « je t’aime. Ah ben en fait je t’aime plus. Nan mais en fait je te re-aime ». Les sentiments sont bâclés, les pardons quasi-immédiats, chaque événement fait oublier instantanément le précédent. Tout va trop vite pour être réaliste. Tout sonne faux. Et cela donne une vision faussée des adolescents. Or pour rentrer dans un roman, il faut que le personnages et l’histoire semblent réalistes dans l’univers du récit. C’est tout l’art d’un romancier de savoir nous donner l’illusion pendant notre lecture que son univers existe vraiment.

Et niveau crédibilité scientifique… c’est aussi bâclé. On voit bien dès qu’on parle de technologie que tout reste trop abstrait. L’auteure n’a fait, il semblerait, que peu de recherches pour étayer ses propos. C’est bien dommage quand on se lance dans la dystopie/SF. On peu rester vague, (c’est là toute la différence entre soft-SF et hard SF) mais il y a tout de même un minimum pour rendre l’histoire crédible. Et pas besoin d’avoir fait de grosses études scientifiques pour s’apercevoir de problèmes notables. On n’a par exemple, aucune explication pour justifier que la Terre soit à nouveau habitable bien avant le temps qui était prévu/calculé. On notera aussi que le même langage dans deux lieux distincts sans communication aurait le temps d’évoluer en deux branches discordantes. Les 100 et les nés-terre devraient avoir un langage au moins un peu différent, ce qui n’est pas le cas. Mais là c’est mon côté linguiste qui ressort, ce n’est pas inhérent à cette saga en particulier. Ce détail est malheureusement souvent omis dans la plupart des romans.

 

Pourtant malgré tous ses défauts notables, il y avait des bonnes choses au départ de cette saga. Le speech initial est prometteur et intéressant. Mais c’est malheureusement le développement en histoire d’amourettes adolescentes sur fonds post-apo qui est décevant. On trouvera ce développement bien mieux réussi dans la série TV. Effectivement c’est une chose assez rare pour être soulignée, j’ai largement préféré la série (pour ce que j’en ai regardé) aux livres. Et de ce que j’ai pu voir sur internet, c’est communément partagé par beaucoup de personnes. L’histoire et les personnages y sont bien mieux construits et développés, l’écriture du scénario est bien mieux maitrisée.

Je ne vous conseillerai donc pas de lire ce livre, sauf peut-être si vous êtes grand amateurs de romance. Et je ne pense pas que je relirais un jour un roman signé Kass Morgan, car je n’accroche par du tout avec son style d’écriture.

2 commentaires sur “Les 100 (tomes 1 à 4) – Kass Morgan

  1. Coucou ! eh bien quel marathon de lecture 😉 Il est vrai que j’ai aimé la série parce que l’histoire en soi est intéressante (pareil je l’ai lâchée a la troisième saison) mais ce que tu décris pour les bouquins ne m’étonne pas du tout. Ça me rappelle vraiment les livres de la série Labyrinthe qui a un style vraiment plas, quelques fautes de traduction pas possibles à lire, la couverture faisant la promotion des films… Ça doit être à la mode en ce moment ^^

    Livre pas top donc, mais bel article !

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    1. Je n’ai déjà pas aimé le 1er film Labyrinthe, alors je n’ose pas imaginer le livre si c’est pire ^^
      Ça fait quelques temps que cette mode existe, mais j’ai l’impression que la qualité ne va pas en s’améliorant. Avant ils adaptaient les bon bouquins, maintenant ils adaptent tout…

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