La Goûteuse d’Hitler – Rosella Postorino

L’Histoire fait partie de mes « guilty pleasure » alors forcément j’ai immédiatement craqué sur ce livre de Rosella Postorino et traduit de l’italien par Dominique Vittoz, La Goûteuse d’Hitler, publié aux éditions Albin Michel.

De quoi ça parle? La Seconde Guerre Mondiale éclate, Rosa, secrétaire dans le cabinet d’architecte de son mari à Berlin, se voit contrainte de quitter sa vie de citadine. Son mari, Grégor, rejoint l’armée et après les bombardements de la capitale Rosa se réfugie chez ses beaux-parents à la campagne à Gross-Partsch. La guerre ne lui laisse pas le temps pour l’oisiveté, elle est immédiatement engagée par les cuisines du Führer pour goûter ses plats du matin au soir avec un groupe de femmes du village.

C’est un récit à la première personne construit à la manière d’une autobiographie. On entre dans l’intimité de la guerre, d’un point de vue allemand, d’un village, de Rosa mais surtout des femmes pendant cette période sombre.

Ce qui est poignant dans ce récit c’est la solitude de ces femmes. Bien qu’une sorte de solidarité silencieuse se soit crée… Les personnages sont enfermés dans les tourmentes de la guerre et leur condition de veuves en devenir. L’attente est un des thèmes principal de cette histoire. Les goûteuses attendent la fin de la guerre, leurs maris ou leurs pères, mais aussi, elles attendent indéniablement la mort. En goûtant les plats destinés à Hitler, elles risquent chaque jour de ne pas rentrer chez elles.

Au milieu de cette attente et cette solitude pesante, chacune des goûteuses garde un lourd secret, une relation interdite, une identité cachée…

Le style, d’une manière générale, est assez fluide. Il ne subsiste qu’un seul point négatif à mon goût, c’est cette manière de retourner dans le passé sans crier gare. D’un paragraphe à l’autre, on peut retourner plusieurs années en arrière, avant la guerre, au début de la guerre. Mais étrangement, ces passages sensés être joyeux nous laissent un goût amer.

Pour les lecteurs dont cette période n’est pas leur tasse de thé, ce n’est absolument pas un problème. Le fond est historique mais c’est avant tout l’intimité de ces femmes que nous suivons. Certaines références ça et là sont présentes mais l’auteure n’insiste ni sur les causes de la guerre, ni sur les avancées tactiques des différentes armées.

Je ne peux que vous conseiller ce livre, je ne me suis pas trompée en sautant dessus lors de sa parution!

Judith

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