L’opéra de Pékin – Hiroshi Ueda

L’opéra de Pékin d’Hiroshi Ueda publié aux éditions Kami en 2003 est une série terminée de trois tomes. C’est une superbe découverte et surtout un énorme coup de cœur ! Cette chronique sera un peu différente des autres, je vais mettre beaucoup plus de planches pour que vous puissiez admirer les coups de crayons du mangaka.

De quoi ça parle? Tatsuaki vit à Tokyo dans les années 2000. Comme son grand-père, il rêve de devenir acteur de Kyougeki et s’entraîne tous les jours pour devenir le meilleur. Après un de ses entraînements journaliers, son grand-père lui confie un masque Nô qui avait appartenu au Maître Mei Lanfang, un acteur de renom dans les années 1920 en Chine. En revêtant ce masque, Tatsuaki fait un bond dans le temps et se retrouve à Pékin dans les années 1920…

L’Histoire romancée 

Il faut tout d’abord comprendre que l’auteur met en valeur son art à travers un autre : l’Opéra. C’est un support qui peu paraître assez étrange puisqu’il est difficile de représenter le chant et la danse sur papier. Néanmoins, Hiroshi Ueda s’attache plus à l’esthétique de cet art qu’à sa représentation générale, et c’est d’ailleurs un très beau travail !

Bien que Tatsuaki en soit le personnage principal, c’est Mei Lanfang qui est le personnage unificateur de ce manga et c’est autour de lui que tourne toute l’histoire de l’Opéra de Pékin. On débute l’intrigue avec le masque Nô de Mei Lanfang, on passe une bonne partie des trois tomes dans son école de Kyougeki et on termine par un personnage qui souhaite ardemment le revoir avant sa mort…

Ce personnage n’est pas une création de l’auteur, il a bel et bien vécu en tant que chanteur d’Opéra à Pékin dans les années 1920 et il fut l’une des ses figures les plus emblématiques. Il fait partie des premiers acteurs de l’Opéra de Pékin à se produire à l’étranger, notamment au Japon et aux Etats-Unis et il a également contribué à l’épanouissement de son art en essayant de toucher le plus de personnes possibles.

Ce récit n’est pas une biographie mais il nous fait découvrir une partie de l’Histoire de la Chine et du Japon à travers un personnage historique de renom. Et il est important d’ajouter, que cela fait du bien d’en apprendre plus sur des personnages historiques qui ne sont pas connu pour leur contribution pour la guerre, mais pour leur art.

 

 

L’Opéra de Beijing est un art dans lequel on attache autant d’importance aux chants, aux paroles, aux jeux qu’aux acrobaties. Par les chants de cet opéra, on entend des chants chantés selon des airs qui lui sont propres ; par ses paroles, ses dialogues ou monologues ; par ses jeux, des mimiques et des gestes théâtraux ; et par ses acrobaties, des démonstrations ou luttes acrobatiques chorégraphiées. [Connaissances générales en culture chinoise, The Overseas Chinese Affairs Office of State Council, Foreign Language Teaching and Research Press, Beijing.]

Un récit fantastique

La particularité de cette histoire c’est que seul le début se déroule à notre époque au XXIème siècle. Très rapidement, nous sommes embarqués dans la Chine des années 20. C’est un réel délice en tant que lecteur : nous nous retrouvons dans la peau de Tatsuaki et son incompréhension des événements rejoint la nôtre. Le mangaka nous laisse que très peu d’indices quant au déroulement futur des actions. Nous sommes menés en bateau du début à la fin. Et il faut dire qu’en tant que lectrice compulsive, cela devient de plus en plus compliquer de me piéger ! Et bien, ici, c’est réussi !

Nous sommes assaillis de questions tout le long de cette aventure ! Le grand-père de Tatsuaki connaissait-il les propriétés de ce masque Nô? Pourra-t-il revenir à Tokyo en 2002? Qui est son grand-père? Est-ce un personnage que nous avons déjà rencontré? C’est cette pluie de questions qui nous donne encore plus envie de continuer notre lecture et d’accompagner le personnage dans sa quête.

Vous avez dit « quête » ? 

Deux types de quêtes se croisent dans cette trilogie. La recherche du grand-père de Tatsuaki dans les années 20 à travers tout un tas de petites aventures ! Mais également une quête identitaire. Tatsuaki est japonais, chez lui en 2002 il aspire à devenir aussi bon que son grand-père. Un grand-père dont il ne connaît même pas le prénom, un grand-père qui peut être japonais ou bien chinois. Ne connaissant pas ses origines exactes, la recherche de son aïeul dans la Chine des années 20 va apporter à Tatsuaki des réponses partielles ou complètes sur ses origines.

Ces recherches sont menées d’une main de maître, et à notre grand soulagement le mangaka met fin à cette quête identitaire dans les dernières pages de la trilogie. Une fin poétique, qui nous amène à nous questionner de notre côté…

Des planches, encore des planches !

L’image exprime ce que le texte ne nous dit pas. Je vous laisse donc admirer les planches d’Hiroshi Ueda qui mettent en valeur à la fois l’Opéra de Pékin et l’art qu’est le genre du manga.

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Pour aller plus loin…

 

Bonne lecture !

Judith

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