Mamie Luger – Benoît Philippon – *Mamie flingueuse*

– Mais Nana, c’est des garçons. C’est eux les plus forts.
– Détrompe-toi, ma chérie. C’est ce qu’ils veulent nous faire croire. Mais il faut surtout pas te laisser berner.
– Mais Nana, les garçons, ils sont grands et costauds.
– C’est vrai, ma chérie. Mais ils sont aussi très cons. Donc quand tu seras plus grande, tu comprendras que tu ne dois pas te laisser dominer, et pour ça il te faudra utiliser ta tête.

 

J’ai lu le roman Mamie Luger de Benoit Philippon aux éditions Les Arènes dans le cadre du prix Cezam Inter CE. Ayant fini ma lecture de ce roman il y a déjà quelques temps, j’ai oublié de prendre des notes ; alors malheureusement cet article ne sera pas aussi précis que je l’espérais. Il y avait pourtant tellement de choses à dire vu les thèmes abordés ! Qui plus est, j’ai du le rendre pour passer à la lecture suivante, donc je ne l’ai plus à disposition pour le feuilleter à nouveau. Vraiment pas l’idéal ! Mais vu que j’ai beaucoup apprécié la lecture, j’ai tout de même décidé de vous en parler car je vous le recommande vraiment.

C’est vrai que de 1er abord, la couverture de ce livre ne me donnait pas du tout envie. Je n’aurais jamais ouvert ce livre s’il n’avait pas été au programme de ce prix, ou éventuellement si on ne me l’avais pas conseillé. Et cela aurait été bien dommage ! C’est indéniable que la couverture d’un livre fait beaucoup, et malheureusement beaucoup de personnes risquent de passer à côté de ce roman à cause de cela.


 

Le roman commence par une histoire étrange : une grand-mère, Berthe Gavignol âgée de 102 ans, qui tire sur son voisin avec un fusil d’origine Nazi (son Luger) ; en parallèle un couple est en cavale suite à un meurtre. La vieille dame est alors arrêtée pour être interrogée par la Police, qui tente de comprendre l’origine de ce fusil et les raisons qui ont mené Berthe à tirer sur son voisin ; mais surtout qui est ce cadavre qu’ils viennent de retrouver enterré dans sa cave ?

Elle raconte alors comment elle est entrée en possession du fusil, en racontant au final l’histoire de sa vie au fur et à mesure. Ce qui semblent aux départ êtres des aveux, ressemblent beaucoup plus à une confession de ses actes – qu’elle ne semble pas regretter pour le moins du monde, même quand les cadavres finissent par s’empiler.

Au fur et à mesure que progresse le récit, l’enquêteur et le lecteur s’attachent à cette dame âgée. Même si c’est une « tueuse en série », on se rend bien compte que ses meurtres résultent de la nécessité, ils semblent tous justifiés.

Berthe vient d’une famille de femmes vivant entre elles. Elle essaye d’améliorer sa condition dans un monde hostiles aux femmes comme elle le peut, mais surtout en manipulant les hommes grâce à ses atouts physiques, comme sa grand-mère le lui a enseigné.  C’est une femme forte, qui n’a vraiment pas eu une vie facile (comme on s’en rend compte au fil du récit) mais elle s’ est toujours relevée et ne s’est jamais laissée faire. Ce personnage force l’admiration.

Berthe a grandit dans une époque pas toujours facile. Les faits marquants de son existence témoignent de ce que cela pouvait être de vivre à cette époque, surtout quand on était une femme. De nombreux thèmes forts sont abordés tout au long du récit : l’infertilité, le viol, la 2de Guerre mondiale, les violence domestiques, le racisme et la condition de la femme. Ces thèmes auraient mérités d’être plus développé dans cette chronique, je vous l’accorde, mais comme dit plus haut, malheureusement j’écris bien trop longtemps après la lecture (j’essaye actuellement de rattraper mon retard, pour que ça n’arrive plus pour les livres que je lis actuellement).

Cela ne transparait pas forcément depuis le début de cette chronique, mais il s’agit d’une comédie noire, dont l’écriture est bien ficelée. Benoît Philippon nous livre un récit jubilatoire, parsemé d’humour, de tendresse et d’émotion. Même si le ton est souvent très cru, ce roman reste émouvant et sa protagoniste principale très attachante.  On soulignera d’ailleurs que le final qui lui rend vraiment honneur.


Je n’aurai jamais lu ce livre de moi-même, et c’est pour ça que j’aime ce prix : je sors des sentiers battus, de ma zone de lecture habituelle, et à chaque fois je fais de belles découvertes.

Un roman infiniment féministe.

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