Chinoises – Xinran

Encore un réel coup de cœur paru aux éditions Picquier. Xinran ne cesse de m’émerveiller par la dureté de ses écrits mais aussi par son réalisme.

Chinoises, publié en 2003 est un recueil autobiographique qui concerne le début de carrière journalistique de l’auteure et de son enquête qui lui a fait parcourir la Chine. L’émission de radio de Xinran était dédiée aux femmes, ces femmes se sont adressées à elle.  C’est l’histoire de ces chinoises issues des quatre coins du pays que nous découvrons au fil des pages.

C’est un roman truffé de cruelles vérités, les femmes se mettent à nu. Et c’est au travers de leurs récits que nous découvrons de nouveaux aspects de la Chine ; une Chine à cœur  ouvert sur un paysage de femmes qui osent prendre la parole.

A l’extérieur de la maison, elle [la femme Chinoise] doit être séduisante et bien éduquée, pour leur faire honneur. Au lit, elle doit être nymphomane. En plus, les Chinois ont aussi besoin que leurs femmes s’occupent de leurs finances et gagnent beaucoup d’argent pour qu’ils puissent se mêler aux riches et aux puissants. Les Chinois modernes déplorent l’abolition de la polygamie. Le vieux Gu Hongming, à la fin de la dynastie des Qing, a dit que « l’homme est fait pour avoir quatre femmes, comme la théière quatre tasses ».

L’étudiante, p. 68.

La richesse du travail de Xinran repose sur son aptitude à dévoiler l’intimité de ces femmes dans une simplicité étonnante. Les thèmes qu’elle traite tels que la sexualité, l’inceste, la politique et l’amour nous ramènent tous à la même question  : qu’est-ce qu’une femme bien  ? Et de manière plus générale, Xinran essaye de montrer au monde que la femme ne se cantonne pas qu’aux rôles définis par la société, le patriarcat et la politique. Et c’est en cela que les multiples facettes de la femme en font un être unique.

Citations 

Je n’avais pas oublié les trois questions de l’étudiante Jin Shuai : De quelle philosphie se réclament les femmes? Que signifie le mot « bonheur » pour une femme ? Et qu’est-ce qui fait d’une femme une femme « bien »?

Ce que croient les Chinoises, p. 133.

 

Le Grand Li avait écrit : « Les Chinois ont besoins des femmes pour se former une image d’eux-même comme les montagnes se reflètent dans les rivières. Mais les rivières coulent des montagnes. Où est la bonne image? »

La femme qui a attendu quarante-cinq ans, p. 226.

 

Émotionnellement, les hommes ne seront jamais comme les femmes, ils ne nous comprendront jamais. Les hommes sont comme les montagnes, ils ne connaissent que le sol sous leurs pieds, et les arbres sur leurs pentes. Mais les femmes sont comme l’eau. […] l’eau est source de vie, l’eau se donne où qu’elle aille pour soutenir la vie…

Une femme à la mode, p. 325.

C’est un roman que je recommande à tout le monde, Xinran est une auteure qui mérite d’être lue encore et encore.

Judith

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