The Secret Commonwealth – Phillip Pullman

Hello ! Aujourd’hui je vous parle de ma dernière lecture en date, qui n’est autre que le tome 2 de The Book of Dust (La trilogie de la Poussière), j’ai nommé The Secret Commonwealth de Philip Pullman, paru en octobre dernier (lecture en VO, je n’ai pas trouvé le titre ou la date de sortie pour la France).

Vous pouvez aussi retrouver mon article sur le tome 1, La Belle Sauvage, ici.

Had reason ever created a poem, or a symphony, or a painting ? If rationality can’t see things like the secret commonwealth, it’s because rationality’s vision is limited. The secret commonwealth is there. We can’t see it with rationality any more than we can weigh something with a microscope : it’s the wrong sort of instrument. We need to imagine as well as measure…

 

De quoi ça parle ?

Lyra est maintenant une jeune adulte de 20 ans, étudiante à l’université Sainte Sophia d’Oxford. Ce passage à l’âge adulte marque une évolution difficile dans ses rapports avec son daemon, Pantalaimon. Ils sont tout le temps en désaccord, leur personnalité ayant pris des directions opposées. En parallèle, de violents événements ont lieu à l’est de l’Europe et en Asie, le long de la Route de la Soie – à cause d’une mystérieuse huile de rose à laquelle on prêterait des propriétés exceptionnelles mais hérétiques. Ces événements vont mener Lyra, son daemon, mais aussi Malcolm (personnage du tome précédent), dans un voyage à travers le continent, à la recherche d’une mystérieuse cité qui serait hantée par des daemons solitaires.

Mon avis :

Le temps de La Belle Sauvage est bien révolu, et on passe d’un préquel à un séquel : Lyra est à nouveau le personnage principal, mais elle est maintenant une jeune adulte. Le récit prend alors une tournure bien plus sombre.

Comme pour la majorité des lecteurs je pense, cela a été une surprise très agréable de retrouver Lyra comme personnage central. Même si on se rend vite compte que notre héroïne a bien changé, et a un comportement quelque peu détestable (hautaine et méprisante envers les gens qui croient au folklore, ou qui ne sont pas universitaires) – on comprend que son daemon la trouve insupportable ! C’est aussi assez frustrant de voir Lyra qui galère maintenant à lire l’aléthiomètre, alors qu’avant elle n’avait aucune effort à faire.

On retrouve aussi les personnages de Malcolm et Alice, protagonistes principaux de La Belle Sauvage. Même si leur présence m’a parue un peu artificielle, comme pour forcer le lien entre les deux tomes si éloignés dans le temps (et avec une autre trilogie qui s’est passée entre, où ils n’apparaissent pas du tout).

En parlant du personnage de Malcolm, un point m’a particulièrement dérangé (petit spoiler, surligner le texte en-dessous pour le faire apparaître) :

L’amour de Malcolm pour Lyra est clairement dérangeant, sachant qu’il s’est occupé d’elle quand elle était bébé, puis qu’il a été son professeur quand elle était adolescente, et qu’elle le considère toujours comme tel, avec l’ascendant psychologique que cela implique. (Et ils ont 11 ans d’écart, à l’âge de Lyra cela semble encore énorme). De plus cet arc narratif semble forcé pour créer une amourette, et ça sort de nulle part étant donné qu’ils ont très peu de contacts. Donc juste NON. Ce n’était pas nécessaire au récit et c’est plus malaisant qu’autre chose.

Parlons maintenant des différents thèmes abordés dans ce roman.

Le premier grand thème va toucher à la confrontation entre l’imagination vs la rationalité (d’où le titre du tome). Pullman critique le manque de créativité chez les universitaires, mais aussi la perte de l’imaginaire avec le passage à l’âge adulte – c’est un message qui s’adresse au lecteur : n’arrêtez pas de rêver, cela est délétère. On peut être rationnel mais garder son imagination.

On peut aussi interpréter ça du côté de la Religion (car ce thème est cher à l’auteur). Ce roman démontrerait ainsi qu’on peut être athée tout en ayant de l’imagination. Que raison et imagination ne sont pas incompatibles tant qu’on sait où placer le curseur. Ce roman servirait donc à nuancer un peu le propos d’A la Croisée des Mondes, qui plaçait la raison au-dessus de tout.

Le 2e grand thème va être axé sans équivoque sur la Religion, et plus précisément sur le fanatisme religieux. Dans ce tome on va avoir le droit à des attentats – Pullman fait clairement refléter notre société dans son monde imaginaire, et critique plus particulièrement l’islamisme radical (moyen-orient, le niqab obligatoire, attentats par des « hommes des montagnes », le lien n’est pas très dur à faire) avec en parallèle toujours une critique de l’institution cléricale et de ses jeux de pouvoirs internes.

Nous découvrons que dans le monde de Pullman, la Religion n’est qu’Une, tout le monde a le même dieu (il n’y a pas de christianisme, d’islamisme, etc…), une seul leader officiel pour le continent (et par extension probablement pour le monde entier). Mais il y a des variations d’expression de la foi et des intégrismes différents suivant les lieux. J’interpréterai cela comme « c’est la religion dans son ensemble qui pose problème ».

Le 3e grand thème va être l’oppression des minorités et le manque de tolérance face à la différence. Cette partie est liée par endroit à la Religion. On va avoir la question des migrants, de l’exclusion des minorités, les agressions sexuelles (ici bien plus explicite et violente que dans tome 1).

Et là, ce monde imaginaire reflète un peu trop notre monde, les similitudes sont flagrantes. Certaines scènes ne servent pas à grand-chose dans l’avancement du récit (migrants naufragés, tentative de viol collectif). C’est une peu fourre-tout, comme pour dénoncer en même temps tous les problèmes de notre monde actuel. Ce manque de subtilité et de finesse m’a beaucoup gêné.

On a aussi une vision un peu étriquée du moyen-orient, et on se demande ce que veut nous dire l’auteur au travers de ce récit – « si t’es une femme, ne voyage pas seule là-bas »  semble dire le livre.

Le rythme est en dent de scie, on sent passer les 700 pages. Par moment je me suis un peu ennuyée, puis l’action reprenait le dessus et je tournais les pages avec hâte. Pourtant l’écriture de Pullman est toujours aussi agréable. Mais le problème semble résider dans la trame du récit, qui reste floue. On aurait pu étayer certains passages, le livre aurait gagné en rythme et en cohérence. L’auteur aura voulu mettre trop de chose en même temps.

A noter que ce livre contient beaucoup de références littéraires qui aideraient à comprendre l’œuvre et ce qu’a voulu faire l’auteur. Notamment le titre, The Secret Commonwealth, qui est tiré d’un traité folklorique du même nom, écrit par Robert Kirk au 17e siècle, à propos de fées, sorcellerie, fantômes, etc…

La trame de ce tome est aussi inspirée du livre de Peter Frankopan, The Silk Road (voyage le long de la route de la soie, attaques par des hommes des montagnes, etc…).

Malheureusement pour moi, je ne suis familière d’aucun de ces livres – c’est donc un pan de compréhension qui me restera inaccessible pour le moment.


Au final le tome 1 semble fonctionner indépendamment de cette seconde partie. Le tome 2 ouvre plus de portes qu’il n’en ferme. On n’en apprend pas vraiment plus sur la poussière ou sur l’aléthiomètre. C’est clairement un tome qui met en place tous les éléments pour le tome final à venir. Je suis restée sur ma faim.

J’ai du mal à mettre des mots sur ce que j’en ai pensé, car cette lecture a été très mitigée. De nombreux éléments m’ont dérangée mais d’autres passages m’ont captivée. Je l’ai préféré à La Belle Sauvage. Et j’ai tout de même hâte de lire la suite pour savoir ce qu’il arrive à Lyra et Pantalaimon, et comprendre toute cette histoire autour des roses et de la Poussière (car on en apprend très peu dans ce tome).

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Vous comptez le lire aussi, pour ce qui n’en auraient pas encore eu l’occasion ?

Mélissa

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