Le Revenant – Michael Punke – *À la conquête de l’ouest*

Horrifié, Jim Bridger fixait le spectre. De la neige adhérait à toutes les surfaces de son corps, le recouvrant d’une couche blanche gelée. Sur son visage, la glace pendait à une barbe pâle, s’accrochait en dagues de cristal au bord replié d’un bonnet de laine. L’apparition avait semblé entièrement sculptée dans le blanc de l’hiver s’il n’y avait eu les raies cramoisies des cicatrices barrant la figure, si les yeux n’avaient brillé de l’éclat du plomb fondu.

De quoi ça parle

1923 – Grandes plaines de l’ouest américain – Hugh Glass, trappeur au service de la Rocky Mountain Fur Company, est très grièvement blessé lors d’une attaque par un grizzly. Face à sa mort qui semble imminente et les dangers rôdant dans la région, les hommes de sa compagnie en charge de sa veille l’abandonnent à son sort. Mais le trappeur est coriace et réussi à s’en sortir – commence alors une quête pour retrouver les hommes qui l’ont abandonné et mettre à exécution sa vengeance.

 

Mon avis

Même si ce roman a quelques défauts, je me suis rapidement laissée emporter dans ce récit. En effet, Michael Punke est un bon conteur et la lecture est fluide, agréable. Le roman est basé sur une histoire vraie, et apparemment l’auteur a voulu coller au plus près aux événements tels qu’ils se sont déroulés, en se documentant un maximum (Toutefois une bonne partie est romancée car il y avait des trous et des détails à combler). Cette envie de véracité est probablement due à une volonté d’apporter de la puissance au récit – en effet il n’en devient que plus incroyable et extraordinaire quand on se rend compte que la majorité des événements se sont réellement produits.

 

On a une bonne immersion dans la peau des personnages, leur histoire nous est détaillée et on comprend un peu mieux qui ils sont. Cependant, leur psychologie aurait pu être plus développée, et notamment l’esprit de vengeance de Hugh Glass, qui n’est malheureusement que survolée alors que c’est le point central de ce roman.

Une part importante du récit nous imprègne de l’âpreté du climat, de cette nature à la fois grandiose et cruelle. On reste d’ailleurs un peu sur notre faim de ce côté – j’aurais aimé de plus amples descriptions des paysages rencontrés, comme on pourrait s’y attendre dans ce type de roman qui s’y prête si bien.

 

Côté réalisme, malgré la documentation et les recherches effectuées par l’auteur, certains points semblent peu crédible. On a parfois du mal a distinguer ce qui est issue de l’imaginaire de l’auteur et ce qui s’est réellement passé. La gravité des blessures de Hugh Glass, et surtout la guérison de telles blessures, semblent peu probables. De telles blessures n’auraient probablement pas pu guérir seules, sans intervention médicale (notamment sur la trachée et les cordes vocales). Il semble donc que cette partie ait été quelque peu exagérée.

Les points cités au-dessus ne m’ont cependant pas gâché la lecture, ce sont des réflexions venues après coup. Ma véritable déception par contre concerne la fin apportée à ce récit de vengeance. Elle nous laisse un goût d’inachevé, on aurait aimé que l’histoire se prolonge encore un peu et se termine d’une autre manière. C’est un bien pâle dénouement face à une soif de vengeance qui était si intense.

 

C’était donc une lecture agréable pour un moment de détente, même si j’oublierais cette lecture probablement assez vite.

Belle journée à vous 🙂

Mélissa

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