L’extrait du mois #1 – Fahrenheit 451

Hello !

Vous allez bien ?

On se retrouve pour notre 1er rendez-vous de L’extrait du mois. Comme son nom l’indique, nous vous proposerons dorénavant une fois par mois une citation ou un extrait de livre qui nous a particulièrement marqué. Probablement dans nos lecture les plus récentes, mais pas seulement !

Aujourd’hui je vais même partager avec vous deux extraits qui m’ont particulièrement  touché dans une de mes lectures du mois dernier, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Ces deux extraits sont à propos de culture, de littérature et des livres, c’est pourquoi ils m’ont autant parlé.

J’espère que vous les apprécierez autant que moi !

 


Extrait n°1 (P68-69)

Ensuite est venu le cinéma… au début du XXe siècle. Puis la radio. La télévision. L’élément masses est alors entré en scène.

Montag restait immobile, assis dans son lit.

– Et cet élément masses a alors simplifié les problèmes, dit Beatty. D’abord, les livres n’intéressaient que des minorités, ici et là. Ils pouvaient se permettre d’être différents. Le monde était vaste. Là-dessus le monde s’est rempli d’yeux, de coudes, de bouches. La population a doublé, triplé, quadruplé. Les films et la radio, les magazines, les livres ont été nivelés, normalisés sous une espèce de forme de pâte à pudding ; tu me suis ?

– Je crois.

Beatty suivit des yeux les spirales de la fumée montant de sa pipe.

– Tu vois le tableau. L’homme du XIXe siècle avec ses chevaux, ses chiens, ses charrettes ; lenteur du mouvement. Ensuite accéléré, la caméra. Les livres résumés. Les condensés, les digests, les graphiques ; tout subordonné au gag, à la fin percutante.

– La fin percutante, fit Mildred, approuvant du chef.

– Les classiques réduits pour composer des émissions d’un quart d’heure à la radio, coupés de nouveau pour tenir en extraits de deux minutes de lecture, enfin ramassés pour un résumé de dictionnaire de dix à douze lignes. […] pour bien des gens, donc, Hamlet n’était qu’un digest d’une page dans un livre qui déclarait  : « Maintenant enfin, tous les classiques à votre portée ; votre niveau de connaissance égal à celui du voisin ».

 

Extrait n°2 (P99)

Primo : savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance ? À cause de leur qualité. Et que signifie le mot qualité ? Pour moi, il veut dire structure. Ce livre a des pores. Il a des traits. Ce livre peut passer sous un microscope. Sous le verre, vous apercevriez la vie, un foisonnement incessant. Plus il y a de pores, plus il y a de détails vivants, sincèrement notés par centimètre carré sur une feuille de papier, plus vous touchez à la vraie « littérature ». Du moins, c’est ma définition. Donner des détails, des détails pris sur le vif. Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer de la main au passage. Les mauvais la violent et l’abandonnent en pâture aux mouches.

Maintenant, comprenez-vous d’où vient la haine la terreur des livres ? Ils montrent les pores sur le visage de la vie. Ceux qui vivent dans le confort, les assis, ne veulent pas voir d’autres visages que des lunes de cire, sans pores, sans cheveux, sans expression.

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