Le Maître du Haut Château – Philip K. Dick

Hello ! Comment allez-vous ? On continue le grand déstockage des classiques qui traînent depuis des années sur mes étagères, et que je n’ai jamais pris le temps de lire. Je parfais au passage ma culture générale niveau S-F, et par la même occasion je découvre enfin un écrit de Philip K. Dick avec Le maître du Haut Château, aux éditions J’ai Lu. Ce livre a fait parler de lui ces derniers temps avec une série produite par Amazon (que je n’ai pas vu), mais il était déjà bien avant dans ma PAL, trouvé il y a quelques temps dans un stand d’occasion.

   Demain il faudra que je sorte pour acheter ce livre, La sauterelle, se dit-il. Ce sera intéressant de voir comment l’auteur décrit un monde dirigé par les Juifs et les communistes, avec le Reich en ruine, le Japon devenu sans doute une province de la Russie ; avec la Russie s’étendant en fait de l’Atlantique au Pacifique. Je me demande si l’auteur – quel que soit son nom – décrit une guerre entre la Russie et les États-Unis ? Livre intéressant. Curieux que personne n’ait pensé jusqu’ici à l’écrire.

   Il doit nous aider à apprécier notre bonheur. En dépit des inconvénients évidents… nous pourrions être tellement plus mal partagés. Ce livre dégage une grande leçon de morale.

 

Résumé de l’éditeur :

En 1947 avait lieu la capitulation des Alliés devant les Forces de l’Axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l’est des États-Unis, l’ouest avait été attribué aux Japonais. Quelques années plus tard, la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les Nippons. Ils avaient apporté avec eux l’usage de Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois, dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation, une rumeur étrange vient à circuler. Un homme vivant dans un Haut Château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des Alliés en 1945…

 

Mon avis :

On ne va pas y aller par quatre chemins, je n’ai pas du tout aimé ce livre. Sa lecture a été très difficile, j’ai plusieurs fois hésité à arrêter car je trouvais l’histoire inintéressante. Mais j’ai le principe de toujours finir un livre pour pouvoir donner un vrai avis global (et parfois un livre peu surprendre sur la fin – cela n’a pas été le cas ici). Je ne suis rentrée dedans à aucun moment. Malgré un synopsis fort intéressant (un monde où les fascistes ont gagné la Seconde Guerre Mondiale), le développement qui en est fait m’a laissé de marbre. Il ne se passe pas grand chose, et je n’ai pas trouvé réellement d’intérêt à l’histoire des différents personnages que l’on suit, si ce n’est d’exposer le monde imaginé par l’auteur. J’ai probablement du passer à côté du propos de l’auteur. Concernant le style d’écriture, je l’ai trouvé assez scolaire. C’est bien écrit mais sans la petite étincelle qui pourrait le faire sortir du lot.

De plus j’ai été un peu perdue avec l’uchronie dans l’uchronie. Dans le roman, un auteur a écrit un livre , Le poids de la sauterelle, que tout le monde s’arrache malgré les interdictions par le Reich, dans lequel les Allemands et les Japonais auraient perdu la guerre. Mais cette uchronie est différente de notre vraie réalité. Il y a là visiblement un moyen de critiquer la véritable Histoire et les conséquences de la 2ème Guerre mondiale, mais je n’ai pas perçu exactement ce que l’auteur critiquait (peut-être car j’avais déjà perdu tout intérêt). On peut aussi voir dans cette mise en abîme, un avertissement  pour signaler que les uchronies peuvent difficilement imaginer ce qui ce serait vraiment passé « si », et exposer les limites d’un tel exercice.

Le seul point que j’ai trouvé intéressant, c’est la critique du rapport des colonialistes à l’Art. Il y a une analyse du fait que les pays « forts » s’intéressent en général à l’art ancien, historique, des pays dominés (même quand les objets ne sont plus du tout d’actualité), en niant et oubliant totalement l’art contemporain et la réalité de ces cultures à l’heure actuelle. Cette mise en perspective avec les Japonais qui ne s’intéressent qu’aux vieux objets américains pour meubler et décorer leurs appartements avec un rejet de tout objet contemporain m’a beaucoup fait réfléchir sur cette question et notre rapport aux autres cultures.

 

Sans surprise, ce n’est donc pas un livre que je vous recommanderais. Malgré une idée de départ prometteuse, le développement qui en est fait n’a pas réussi à me captiver. J’ai probablement du passer à côté du propos de l’auteur. Finir ce roman m’aura été laborieux car je m’ennuyais malgré l’avancement de l’histoire. Je compte prochainement lire Blade Runner du même auteur, j’espère ne pas connaître la même déception !

À très vite pour une nouvelle chronique,

 

Mélissa

N.B : je me base sur l’édition traduite par Jacques Parsons de 1970. Le livre a été retraduit en 2013 par Michelle Charrier et augmenté de 2 chapitres inédits d’une suite non achevée.

 


9782290302484_1_75Titre : Le maître du Haut Château

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : J’ai Lu

Nombre de pages : 318 pages

Prix : 7,90€

Date de sortie : 1970

IBN : 2290302481

6 commentaires sur “Le Maître du Haut Château – Philip K. Dick

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      1. J’ai également préféré la suite ; dans tous les cas, la première (comme la deuxième) adaptation est quelque peu différente du roman (mais cela fait longtemps et je ne me souviens plus quels sont les points qui divergent vraiment).

        Aimé par 1 personne

  1. bonjour
    décidement ce dick doit avoir vieilli (la série,elle,magnifique de décorum est de bonne qualité en tirant un peu vu le nombre de saisons)pour votre génération que
    j’imagine plus jeune que moi,l’auteur n’est plus cet écrivain qui révolutionna le genre sf…
    j’avoue ne pas l’avoir relu ce classique uchronique.

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense qu’on peut apprécier les classiques à tout âge, après on accroche pas forcément à tous ! J’essaye justement d’en lire de plus en plus en SF, pour un peu mieux comprendre les racines du genre; et il y en a beaucoup dont j’ai réellement apprécié la lecture et compris pourquoi ils étaient devenus des classiques. Celui là pas trop – on verra à la lecture de Blade Runner si c’est le style de l’auteur ou si c’était juste ce roman qui ne correspondent pas à mes affinités !

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  2. J’avais adoré ce livre, mais j’ai lu la nouvelle traduction qui doit être un peu plus dynamique.
    J’ai beaucoup aimé la critique apportée par K.Dick sur ce qui fait une société, et le rapport vainqueur/vaincu. C’est notre côté du monde qui a gagné en 45, on a donc un point de vue de vainqueur – ce qui était encore plus vrai à l’époque de K.Dick – donc ça fait pas de mal de réfléchir aux conséquences de la victoire d’un camp ou de l’autre sur la marche du Monde.

    Aimé par 1 personne

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